24 mars 2021

La fin de la fin des idéologies

Le film « Un Monde sans pitié » est sorti en 1989, la même semaine que la chute du mur de Berlin…

Le communisme avait, contre toute attente, atteint sa limite. Ce régime totalitaire qui devait durer au-delà de ses gouvernants, à l’opposé des dictatures militaires d’Amérique du Sud, s’effondrait de lui-même, confronté à la mondialisation de l’époque, où les vidéocassettes et la télévision jouaient le rôle émancipateur d’Internet.

Il est toujours préférable de se couper du monde pour soumettre un peuple.


Les personnages y erraient dans un monde laissé à lui-même, où les idéologies avaient fait tellement de mal qu’il fallait s’en méfier. Les grandes idées généreuses n’étaient que des prétextes pour briser les âmes.

Du coup, plus d’idéologie, seulement le Grand Marché Européen et l’amour... Il n’y avait pas de quoi se réjouir.

On pouvait danser et fêter la fin des grandes illusions qui avaient fait des millions de morts, les yeux grands ouverts. 

Les yeux grands fermés diraient Kubrick.


Car la force de l’illusion est sans limite. L’existence nous angoisse trop pour ne pas lui imposer un sens, avec la violence qu’il faut, à la mesure de notre perdition.


Il suffisait d’attendre un peu, attendre que la foi dans le marché s’estompe.

Puis est née cette nouvelle idéologie, née de la misère peut-être, de la frustration plus sûrement, de l’humiliation, du sentiment d’avoir été floué et violenté : l’Islamisme.

Né en 1979, dix ans avant la fin de son grand Cousin. 


En un seul mot, l’Islam, cette grande religion monothéiste, était placé au cœur d’un projet politique voire révolutionnaire. On parlait de République… islamique.

Une idée, une religion et un projet politique de libération… et alors évidemment tout est possible, tout est permis.

Pour le bien de tous, le bonheur de chacun, on peut accepter tous les sacrifices. 

A cet égard le communisme était aussi une religion.

Il faut un ennemi dont on contestera le pouvoir et il faut aussi une victime à défendre car sinon on ne se situe pas suffisamment du côté du Bien. 

Seul le Bien nous permet tranquillement de faire le mal.


Si on n’en trouve pas, il faut en inventer, élever les uns au statut de dictateur et les autres au statut de victime. C’est la force de l’idéologie qui se fonde sur le déni du Réel et la réalisation du fantasme.

La réalité n’est qu’une fiction qu’il faut détruire pour la remplacer par une autre. Une autre qui servira mieux notre volonté de pouvoir.


Ça a donc commencé le 11 septembre 2001 avec cette idée de « l’arme du pauvre » en parlant du terrorisme islamiste. L’arme du pauvre donc l’arme légitime.

Les terroristes (ceux qui se faisaient sauter dans les bus israéliens, ceux qui envoyaient les avions de ligne dans les tours du WTC, ceux qui posaient des bombes dans les trains ou métros de Madrid et Londres, avaient raison de tuer des innocents car personne n’est innocent (l’idée du mâle blanc coupable n’est pas très loin). Ils étaient en guerre contre bien plus puissant qu’eux. Ils avaient le droit de tuer au moins autant que les bombes US et comme ils étaient loin du compte, ils avaient le droit de tuer autant qu’ils le pouvaient. Chapitre 1.


Ça a continué avec les systématiques « pas d’amalgame » brandis à chaque attentat en France : Merah, Charlie, le Bataclan.

Le premier réflexe, avant la compassion (qui ne venait pas), avant la condamnation (de pure forme), était de prévenir une éventuelle et peut-être immédiate répression des musulmans consécutive à l’acte de terreur lui-même.

Tout de suite protéger les musulmans, comme s’il était si naturel de penser qu’ils allaient être les victimes collatérales d’attentats dans lesquels, déjà, nombre d’entre eux étaient tombés.

Etait-ce un fantasme ou était-ce un calcul ?

A chaque attentat islamiste, il s’agissait tout de suite d’évoquer une réaction contre les musulmans afin justement de dessiner un monde mûr pour tous les séparatismes.

C’est le projet des Islamistes eux-mêmes : monter la société contre les musulmans qui vivent en son sein afin de créer une dichotomie propice au renversement de pouvoir.

Chapitre 2


Et maintenant l'accusation d'islamophobie. 

Comme elle est utile ! Et efficace car elle joue sur la culpabilité (blanche).

Combattre ou critiquer l'islamisme politique radical serait faire preuve de racisme envers les musulmans.

Le concept d’islamophobie est la mise en œuvre de l’amalgame honni. Ce sont les accusateurs qui le pratiquent. Toujours le même projet. Puisque les attentats eux-mêmes ne parviennent pas à fracturer la société, l’accusation d’islamophobie prendra le relais. 


L’islamisme est un projet politique radical et souvent violent. Ça n'est pas une religion. Combattre l'islamisme n'est évidemment pas combattre l'Islam ni les musulmans.

Nous devons lutter contre ce projet politique qui tue, conteste les valeurs républicaines et rejette la démocratie.

Ceux qui parlent d’islamophobie à ce sujet, par calcul ou par naïveté, participent du projet islamiste en faisant justement l’amalgame qui permettrait à terme de diviser la société.


Les idiots utiles de l’islamisme sont autant de droite que de gauche. On y trouve des politiques cyniques, des intellectuels en perdition, des mouvements et associations instrumentalisées et radicalisées. 

Toute radicalité est bonne à prendre.

Le rêve des islamistes : que tout le monde soit d’extrême droite ou d’extrême gauche. Leur ennemi : la raison, la rationalité, la modération. Bref tout ce qui peut nous faire vivre en paix.


Là-dessus viennent s’adjoindre de nouvelles idéologies, celles des mouvement racialistes, indigénistes, décoloniaux, les wokes (les « éveillés »… Cela me fait penser au rôle d’avant-garde du parti communiste léniniste), bref les « intersectionnels ».

Ceux-là s’en prennent au mâle blanc qui est en nous, qui se niche aussi chez les femmes (les mauvaises féministes), les mauvais racisés (ceux qui ne comprennent pas et qui luttent trop simplement contre le racisme réel, concret).

Un mouvement qui se caractérise non par l’antiracisme mais par l’anti-antiracisme.

Un mouvement qui se caractérise par une lutte contre le langage plutôt que les actes. 

Un mouvement qui verse dans l’intimidation, le harcèlement, la censure. 

Un mouvement qui s’oppose aux universalistes antiracistes. Ceux-là il faudrait les éduquer comme il faut éduquer les blancs et leur faire comprendre à quel point ils ont le mal en eux. Ça commence par des ateliers et ça finit par des camps.


Que tant de jeunes soient impressionnés par cette idéologie participe de la générosité et du romantisme propre à la jeunesse. Cette générosité, ce souci de l’autre, s’est autrefois incarnée à travers des mouvements comme « touche pas à mon pote ».

Qu’on souhaite laisser tranquille son prochain, ne pas lui reprocher sa religion, sa couleur de peau, sa sexualité, c’est cette générosité de la jeunesse qui l’exprime.


Cette générosité est aujourd’hui instrumentalisée par une idéologie raciste, radicale, retorse et dangereuse à tous égards.


C’est pourquoi Un Monde Sans Pitié est bien loin.

Nous vivons depuis quelque temps la fin de la fin des idéologies.

Et le retour de tous les dangers qu’elles peuvent de nouveau créer.

01 mars 2021

2022

Aujourd’hui l’incapacité de la gauche comme de la droite à présenter un candidat d’alternance crédible donne à la confrontation entre Macron et Le Pen un caractère quasi inévitable, ce qui ne manque pas de déprimer tous ceux qui ne souhaitent ni l’un ni l’autre.

Il semblerait que la déception relative à Macron rende la victoire de Le Pen plus possible que jamais, et cela par le biais d’une abstention massive d’un côté et d’une mobilisation solide de l’autre.


Finalement, et ça se sent autour de moi, ça se lit sur les réseaux sociaux et ça s’entend un peu partout, la gauche va faire défaut à Macron.

« On ne m’y reprendra plus » est l’argument souvent entendu.

Ce qu’il y a d’excessif, et même d’intellectuellement contestable voire malhonnête à renvoyer dos à dos l’extrême droite et ce que représente Macron ne saurait masquer la puissance d’un sentiment nourri de toutes parts, par les colères, les incompréhensions, les calculs aussi.


Certains sont prêts à laisser gagner l’ignoble pour mieux en récupérer les suites. Un bon coup de balais, cinq ans à serrer les dents, et nous retrouverons le chemin du pouvoir, tel pourrait être le crédo de quelques opportunistes. D’autant plus qu’il y aurait quelque chose à gagner à être opposant à Le Pen. La bataille à ce titre serait rude et peut-être pervertie mais la gauche serait probablement la mieux placée pour jouer cette pièce dangereuse.


Il n’empêche qu’au-delà des calculs politiciens méprisables parce que méprisant la République, au-delà de la confusion qui empêche de hiérarchiser les frustrations et fait confondre deux forces qui ne se situent pas sur le même terrain (celui du respect des valeurs républicaines), le danger d’une victoire de l’extrême droite est réel et s’appuie sur la faiblesse de la proposition qui s’y opposera.


Malheureusement, en termes de proposition, ni la gauche, ni l’écologie, ni la droite modérée ne sont aujourd’hui crédibles, faute pour les uns de ne pas savoir dépasser les idéologies d’hier, pour les autres de ne pas savoir faire preuve de responsabilité, et pour les derniers de ne pas savoir quel leader pourrait mettre de l’ordre dans leurs errements politiques et leurs batailles d'égo.


Pour faire barrage à Le Pen, nous n’avons aujourd’hui que Macron. Il faut faire avec.

Mais si ledit Macron ne pense pas correctement la situation et ce qu'elle implique, nous n’aurons personne.


D’avoir fait table rase dans le paysage politique français, d’avoir dégagé les uns et les autres, donne une responsabilité.

On a traité Macron de président des riches, de technocrate, de banquier, d’ultra-libéral.

Les réalités sociales et économiques d’aujourd’hui contredisent tous ces jugements mais aucune ne peut compenser une autre réalité : Macron, au centre, a fait le plein des critiques et des oppositions et même des haines. Il a constitué un petit carré qui s’est rétréci au fil du temps et s’est transformé en îlot assiégé par toutes les forces possibles.


Séduire une partie de ces forces est son challenge.

La crise du Covid peut lui en fournir occasion et possibilité. Car la crise l’a conduit à se réformer lui-même et à réformer sa vision de l’avenir.

Oui les écologistes voudraient plus d’écologie, oui la gauche voudrait plus de justice sociale et d’ouverture sociétale, oui la droite voudrait plus de liberté économique et de fermeté régalienne, mais tout ceci n’est juste que la revendication d’avoir plus quand tout est déjà en œuvre.


La protection sociale offerte en France par rapport à la crise n’a que peu d’équivalent dans le monde, les avancées écologiques sont peut-être insuffisantes mais elles sont réelles, la volonté de réforme économique ne peut être remise en cause.

Tout le monde veut plus, les revendications sont contradictoires et le plus petit dénominateur commun de toutes ces frustrations sera Le Pen si Macron n’y prend pas garde.


Chirac n’avait pas tenu compte des raisons de sa victoire en 2002.

Macron doit proposer un pacte social et politique aux Français, doit leur proposer une équipe crédible pour le mettre en œuvre.

Il s’agit ici de reconstruction, de réparation des dégâts après la crise.

Une crise qui a révélé les faiblesses françaises. C’est un nouveau chantier de réforme et ça n’a plus rien à voir avec l’ancien.

Tout le monde sera d’accord pour travailler à nous mettre à l’abris. Cette mise à l’abris implique la réforme, implique des sacrifices, des renouvellements, des mises à jour, mais elle peut être comprise de tout le monde.

Car il est vrai que la crise sanitaire concerne tout le monde et les raisons pour lesquelles la France a faibli ici ou là pour y répondre (et faiblit encore), ne sont pas très difficiles à analyser.


Macron doit proposer un nouveau contrat aux Français, il doit leur proposer un nouveau chemin, un chemin qui ne doit rien au précédent. Il n’a pas le choix.


S’il n’y parvient pas alors oui, il sera responsable de sa défaite, autant qu’en sera responsable la mauvaise foi de ceux qui feignent d’ignorer la signification de leur abstention, il sera responsable de notre défaite à tous.

Mais aujourd’hui il peut encore relever ce défi : nous proposer un nouveau chemin de reconstruction et de protection.


Ça sera le sens du choix à faire si les équilibres ne changent pas d’ici là : Qui va le mieux reconstruire, qui va le mieux nous protéger des catastrophes à venir ? Qui va transformer notre vieux pays, lent à la détente, hésitant, englué dans une Europe inévitable mais si difficile à bouger, qui va réformer cette dame vieillissante et presque dépassée qui ne parvient plus à nous convaincre qu’elle peut être un abris contre les menaces de ce monde ?


Au-delà des préférences politiques et des calculs politiciens, voilà le sens des questions auxquelles on aura besoin de trouver réponse.



13 février 2021

La jouissance médiatique des scientifiques

 Ils se sont presque tous faits avoir.

Comme à chaque fois que sévit une crise (catastrophes aéronautiques, climatiques, criminelles) les experts (de la société civile) sont convoqués sur les plateaux de télévision et de radio pour nous expliquer ce qui se passe.

Et en général ça se passe bien. On est content de comprendre, content d’apprendre. Ils ne dissipent pas l’angoisse qui nous submerge (Fukushima, Daesh) mais la circonscrivent, lui donnent un nom et de temps à autres la relativisent.

Ils nous permettent de mieux connaître ce qui nous sidère. On peut dire que leur fonction médiatique est de nous dé-sidérer.


Pour la crise du Covid, ça s’est passé comme ça. Ils sont venus au début, avec leurs spécialités respectives, épidémiologistes, réanimateurs, virologues, urgentistes (ce sont les plus pertinents mais on a eu aussi n’importe qui pourvu qu’il soit médecin) et ont commencé à apporter leur expertise.

Leur expertise en quoi ? On a bien vu que tout se mélangeait et déjà les discours étaient confus.

J’ai vu des urgentistes ou des réanimateurs nous expliquer avec le sourire irritant du sujet supposé savoir que les masques ne servaient à rien, je les ai vus ensuite se retourner contre le gouvernement pour lui reprocher d’avoir tenu le même discours.

Le mélange des genres a dégradé l’expertise.

Tout d’un coup la rigueur scientifique n’était plus de rigueur. Il suffisait de se nommer scientifique pour apporter son éclairage sur une pandémie totalement inédite (parce qu’intervenant dans un nouveau monde globalisé, le monde des réseaux sociaux et des échanges mondiaux). La spécialité de chacun n’avait plus aucune importance.

Mais ces scientifiques étaient invités sur les plateaux, invités à parler, à parler de leurs problèmes, de la situation dégradée qui était la leur, et ils sont venus, pour la bonne cause. 

On peut les comprendre. Ils n’étaient pas formés pour ça, pas aguerris. Ils se sont perdus.

Tant pis pour les néophytes qui ont commencé à se perdre avec eux et à se sidérer un peu plus.


Puis on a affronté l’inévitable : le glissement de fonction, de position, l’effet média sur ceux qui participent à l’information. On a vu venir leur information à eux c’est-à-dire leur mise en forme par les médias, on a vu venir la désinformation.


On a vu cette cohorte de médecins, d’épidémiologistes, de modélisateurs qui se sont bientôt transformés en conseils en gouvernance et gestion de la crise, on a vu leurs paroles éclairantes se transformer en revendications et critiques, dans un domaine qui n’étaient pas du tout le leur.

C’est devenu très ambigu. Les experts ont fini par se présenter en experts de gestion de crise, d’opinion et finalement de peuple.

Évidemment ces experts sont aussi des citoyens, mais pas plus que vous ou moi. Mon opinion n’est pas relayée par les grands médias car elle n’a pas grand intérêt aux yeux de tous. En revanche l’éclairage des experts est intéressant en tant que tel, pas en tant qu’opinion de citoyen.


Certain de ces experts sont aussi politisés, voire engagés. On ne l’a pas vu tout de suite. Leur critique du gouvernement, appuyée sur leur expertise, semblait argumentée, objectives, quand elle était en fait calculée, quand elle participait d’un agenda qui nous échappait.

La bataille des experts est devenue aussi une bataille politique. Masqués par un langage scientifique et médical, les discours étaient politiques et parfois électoraux.


Comme toujours. Ils ont servi d’abord la cause médiatique, c’est-à-dire celle du sensationnel, celle de l’émotion. Et l’émotion négative est toujours la plus forte, sauf au moment de la victoire en coupe du monde de football. Là, l’enthousiasme l’emporte. Sinon, il faut tabler sur la colère et l’angoisse, c’est plus vendeur.

C’est la nature des médias de trouver des auditeurs, spectateurs, de trouver une audience. Certains le font quoi qu’il en coûte. Mais la concurrence n’arrange rien et le quoi qu’il en coûte médiatique est comme un variant qui prend peu à peu la place de tout le reste et aussi de l’éthique.


Personne n’y résiste. La jouissance d’être vu par tous, entendu par tous, est le moteur de la machine. Sans cette jouissance ça ne fonctionnerait pas. 

La célébrité… la publicité… devenir un personnage public : le rêve de chacun (sinon les réseaux sociaux n’auraient pas cette importance).


Je ne parlerai pas ici du comble de tout ça : le populisme médical. C’est la même logique poussée à l’extrême, la même logique qui rencontre l’ego et la frustration. Ça n’est pas joli. 


Les scientifiques ont ici finalement perdu une bataille. Comme tout un chacun qui risque d’y mettre la main, ils ont été mangés, mâchouillés, avalés par la machine.

Ils ont desservi leur cause qui était d’éclairer.

Mais la conséquence est plus importante encore. Ils ont rejoint ceux qui s’étaient abimés avant eux dans la même mer : les politiques.

Leur discours n’est plus aussi audible, n’est plus aussi fiable. On se méfie d’eux. La preuve, non seulement ils ne sont pas d’accord entre eux (comme les politiques), non seulement ils semblent former un espace de connivence (comme les politiques), non seulement ils se trompent (comme les politiques) mais aussi, ils ne savent plus nous mettre en confiance.

Ils se sont déconsidérés faute de nous avoir dé-sidérés.

Les scientifiques sont rentrés dans le rang des pauvres victimes de la machine médiatique. Personne ne peut lui résister. C’est une broyeuse acéphale et sans âme. Elle n’a qu’un algorithme propre qui la met en mouvement. Parfois cela va dans le sens de l’intérêt général, par hasard, mais souvent ça va dans le sens contraire, dans le sens de l’exacerbation des émotions, des colères, des antagonismes, car c’est le fuel de l’intérêt qu’on porte à la représentation du monde.


Les scientifiques - pas tous heureusement mais, hélas, ils sont bien nombreux parmi ceux qui parlent dans les médias - ont rejoint les politiques, d’avoir joui de parler au peuple ils se sont reniés comme les politiques. Sauf que les politiques, leur métier, leur tâche, c’est de représenter et de parler au peuple, de le guider éventuellement. Ce faisant ils restent dans leur domaine. Ils le font bien ou mal, ils sont sanctionnés de toute façon par le peuple sauf s’ils sont assez habiles pour le berner ou assez forts pour le contraindre.

Les scientifiques, eux, ne seront sanctionnés que par une déconsidération de ce qu’ils peuvent apporter. Ils ont raté le coche.

La décision de Macron, si commentée depuis quelques semaines, de dire « non » aux scientifiques, est jugée audacieuse, téméraire. On la qualifie de pari risqué, de quitte ou double.

Dire non à la jouissance des médecins médiatiques qui parlent de ce qu’ils ne connaissent pas (la gouvernance d’un pays en temps de crise) n’est pas un pari risqué. C’est probablement une remise à l’endroit du processus de décision. C’est une réaffirmation du politique non pas sur le scientifique mais sur le médiatique. 


Les leçons de la crise seront nombreuses à devoir être tirées. S’il y en a une que les médecins et scientifiques devraient méditer est celle-là : restez rigoureux, quoi qu’il en coûte. L’exposition médiatique, c’est-à-dire l’adresse au peuple, est le lieu d’un primat de la jouissance sur la rigueur. C’est une situation que vous ne maîtrisez pas. Soyez humbles quand vous devez l’affronter car vous risquez d’être les victimes de votre échec. Et nous avec.




15 décembre 2020

Faire corps

 

Le réel attaque nos corps quand nous aspirions à n’être qu’esprit, voire parole, voire image.

Nous aspirions à être virtuels, à pouvoir nous réduire à ce qui transite via des câbles sous-marins.

Nous aspirions à mettre nos corps à l’abris, communiquant via les réseaux, appréhendant le monde via les images.

L’intelligence artificielle devait récolter tout ce data qui allait rendre compte de nous mieux que nous-mêmes.

C’était sans compter le Réel, celui du corps, celui de l’Autre, l’Autre du langage, du logos, de la logique et même l’Autre du fantasme.

Le Réel qui ne se laisse pas saisir. Et c’est bien pourquoi l’art est éternel.

On ne saurait saisir le Réel que par la métaphore, le détour, la représentation.

Les mots sont pauvres, ils ne peuvent rendre compte de la vérité. Atteindre cette vérité par et malgré les mots, par et malgré les images, par et malgré la représentation, voilà notre destin. Nous sommes des êtres voués à la poésie.

Le Réel qui ne se laisse pas réduire à un algorithme , à une équation, à une liste de « « j’aime et de « j’aime pas ».

Le Réel nous échappe et parfois se laisse apprivoiser. Par hasard. On croit alors avoir la clef. Et voilà que, tel le furet, il repart et passe par ici ou par là. On croit que les chiffres vont baisser et voilà qu’ils remontent.


Le réel s’est rappelé à nous. Ce virus nous attaque et se révèle bien pire, pour l’instant, que les virus informatiques.

Ce ne sont pas les hackers qui réussiraient aujourd’hui à nous confiner, à mettre en berne nos économies.

Le Réel du vivant. Le réel de l’hiver. Le réel de la nature.


Pour lui répliquer il fallait faire corps. Corps social.

Il fallait se considérer comme un seul corps et accepter différents sacrifices, différentes mises à l’écart.


Mais non. Nous ne faisons pas corps social. Nous ne faisons pas système. Nous appelons sacrifice ce qui devrait s’appeler soutien. Les cafetiers, les restaurateurs, le monde de la nuit, de la culture. Nous regardons ce qu’il en est de l’autre sans se penser comme en étant solidaire.

Il faudrait que ce corps collectif souffre le moins possible. On en arrête une partie pour sauver le tout. Pour le ménager au mieux.

Mais non, ne n’acceptons pas de faire corps.

L’interdiction ? D’accord. Mais pour tout le monde !

Le confinement ? d’accord, mais pour tout le monde !

On ne SE pense pas système, on ne pense pas que le système souffrira moins si une partie seulement est mise en repos. 

Le système n’a le droit de s’arrêter qu’en son entier. 

On entend souvent : c’est injuste ! C’est incompréhensible, c’est incohérent !

C’est parce que nous ne faisons pas corps car la justice ne concerne pas le système uniquement ses parties.


Nous ne faisons plus corps. La faute à qui ? A l’individualisme ? Au libéralisme ?

Peut-être que pour faire corps faut-il un sentiment collectif fort, un affect puissant. Comme la peur. La peur du gendarme.

Peut-être faut-il de l’amour. L’amour du leader, du petit père des peuples.

Peut-être faut-il du sacré.

Mais le sacré a été expulsé des machines. Tout est encartable, algorithmisable.

Nous nous réduisons à notre profil, nos like, les endroits où nous allons, les objets que nous aimons.

Ce qu’il y a de sacré en nous a été expulsé de notre profil car on ne peut en rendre compte.

Alors il revient. Violemment.


De ne pas, de ne plus savoir faire corps ensemble, nous ne pouvons lutter contre ce virus.

Plus simplement : l’union fait la force.

Aucun gouvernement finalement ne parvient à convaincre son peuple de faire corps.

Ça râle, ça résiste, ça contourne, ça se réfracte. 

C’est de ne plus savoir être solidaire que nous nous en remettons à un stop and go épuisant.

Jusqu’au vaccin dit-on.

Les scientifiques ont-ils fait corps pour aller si vite ?

C’est probable. Toute la communauté s’y est mise.

Nous ne sommes pas foutus.


07 novembre 2020

Malaise dans la décivilisation

A l’heure de la rédaction de ce texte, Joe Biden semble en passe de l’emporter de justesse dans la course à la Maison Blanche mais tout le monde va retenir le score de Donald Trump, qui confirme un changement majeur et durable dans notre monde.

Freud avait proposé dans « malaise dans la civilisation » une explication de l’émergence, chez l’être humain, des névroses et des psychoses. Il s’agissait selon lui de la réaction de l’homme à la contrainte sociale.

Vivre dans un monde civilisé demande le respect de contraintes qui font ciment entre les hommes. Il faut se départir d’un certain nombre de pulsions afin qu’une existence en commun soit possible. On a pu appeler le respect de ces contraintes le surmoi, on peut aussi l’appeler la raison ou même le principe de réalité.


Lacan, dans sa relecture de Freud a proposé une nouvelle version de la même idée. La contrainte, c’est le langage.

Par le langage nous entrons dans un monde où les pulsions sont domptées, voire refoulées.

Mais avec le langage nous entrons aussi dans un monde de logique, de non-contradiction et donc de raison.

Ce qui n’est pas compatible avec ces règles logiques est rejeté hors de la conscience. Le rêve, formation royale de l’inconscient, est le règne de la contradiction où les contraires peuvent parfaitement cohabiter. La règle du tiers exclu n’y est pas admise.


Le malaise dans la civilisation, serait donc cela : une réaction à la dureté de la loi, aux contraintes nécessaires à la vie en société. Toute société a ses règles, ses lois, dont les lois du langage, et donc ses contraintes et limites.

Mais toutes ces règles produisent aussi un malaise, un refus, un déni, une angoisse. Ce malaise est refoulé et revient à travers le symptôme, le rêve, le lapsus et parfois un défoulement de violence plus ou moins accepté (dans les stades par exemple).

Le malaise s'exprime aussi souvent à travers l'art et le langage peut être détourné pour exprimer l'inexprimable.


Néanmoins, il n’était pas prévu qu’une réponse globale à ce malaise serait la suivante : Ces règles nous ennuient, nous irritent et nous n’en pouvons plus. Affranchissons-nous de ces règles. Et en particulier de celles qui imposent le respect de l’autre, l’écoute, la raison, la bienséance. Tout ce qui nous corsète et qui pourtant nous permet de vivre ensemble.


On ne veut plus modérer ses propos, retenir sa langue, on ne veut plus retenir sa haine personnelle, on ne veut plus de la logique, de la vérité. On ne veut plus du Réel.


Cette nouvelle réponse trouve son origine dans les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux, d’abord grâce à l’anonymat, mais pas seulement, ont l’avantage de permettre une vie virtuelle. Le corps n’y est pas engagé. Et donc le danger d’une transgression des règles, parfois danger physique, est évité.

Dans cet espace virtuel on peut se « lâcher », libérer sa parole d’un surmoi encombrant.


Ces millions de personnes qui trouvent ainsi une nouvelle voie de défoulement s’agrègent les uns aux autres dans une communion non pas de contenu mais de type.

Ainsi ces paroles font masse et exercent sur la société une nouvelle pression.

Cette pression induit les politiques qui doivent y répondre ainsi que les médias qui y sont aliénés.


Cela a créé un discours, un rapport au monde. Et ce rapport au monde a permis l’émergence d’un nouveau comportement : sans surmoi, sans les contraintes de la raison.

Ce rapport au monde induit un comportement qui ne serait pas engagé dans une recherche de la vérité mais plutôt dans une recherche de jouissance à travers la réalisation des fantasmes.


La vérité prend structure de fiction. Et la fiction a le visage de la vérité.

On peut se contredire, on peut éructer, insulter, dire ce qui nous passe par la tête on peut nier la réalité.

C’est notre nouvelle civilisation, notre « décivilisation » dans la mesure où il s’agit ici de s’affranchir des règles qui font ciment dans notre société.


C’est tellement massif que ça ne pouvait pas ne pas déborder dans la rue, le concret, le physique. Manifestations, violences, rejet des recommandations sanitaires…


Quand ce discours des Réseaux sociaux prend corps, par exemple dans un mouvement social ou sociétal tel que celui des Gilets Jaunes, on se rend compte qu'il ne permet pas l’unité ni même l’entente. 

Le mouvement des Gilets Jaunes s’est caractérisé de ne supporter aucune unité.

Car rien ne faisait ciment en dehors de la colère et de quelques revendications, en dehors surtout d’un refus. Mais d’un refus de quoi ? des règles qui permettent généralement à un mouvement d’humeur de devenir un mouvement politique. Et ce en s’inscrivant dans un rapport de logique et de raison.

Les règles permettent l’ordre, même dans un mouvement contestataire, et pour avoir l’ordre il faut une raison.


La victoire ou la défaite très serrée de Trump confirme notre plongeon dans cette décivilisation. La moitié de l’Amérique y affirme qu’elle préfère le refus des règles à la raison du monde ancien.


Trump incarne parfaitement cette affirmation. A travers lui, le malaise cherche à s’estomper. Et c’est pourquoi malgré le refus du Réel qui a caractérisé son action (en particulier du Réel de la pandémie) et qui a causé tant de dommages), malgré ses mensonges et ses insultes, Trump a été et restera, lui et ceux qui lui ressemblent, une solution au malaise, une solution par la fuite et par le mirage.


Ce qui a coïncidé également avec cette émergence des Réseaux Sociaux est justement ce qui a pu leur donner vie : la mondialisation par la virtualisation.


La virtualisation du monde, des échanges, du regard et la massification de l’accès aux biens et services (les voyages par exemple) a élargi notre champ d’action, notre domaine de vie.


Nous vivons désormais dans un monde trop vaste pour nous. Ça n'est plus à notre dimension, ça n'est plus à la mesure de notre corps et de l'espace qu'il occupe, ça n'est plus dans le scope de notre regard physique.

L’homme est attaché à l’endroit où il vit. La maison, le village, la ville, la région, éventuellement le pays. Avec ses voisins, ses compatriotes, avec qui il partage la terre et la langue.

Avec qui il partage les contraintes.


Dites-lui qu’il habite la planète, dites-lui que son espace est aussi vaste que l’univers virtuel d’Internet, qu’il est aussi proche de son voisin que de quelqu’un qui habite de l’autre côté de la terre et alors ça ne va plus, il y a une perte de repères et une bouffée d’angoisse.

Cet homme se noie dans la mondialisation. Il y perd pied.

Alors la civilisation n’a peut-être plus l’attrait nécessaire à une acceptation des règles. Elle est encore plus angoissante et m'éloigne encore plus de moi-même.


Évidemment cette émancipation n’est pas tenable car elle désagrège la société. Elle en est l’opposé. Le ciment crée le malaise ? Détruisons-le. Nous nous détruirons avec.

C’est une mascarade. Ça ne tiendra pas. Sous réserve… de s’en remettre à un autre.


Ce monde nouveau n’est possible qu’à accepter un leader, voire un furher.

Sinon il aboutit à l’anarchie et à l’impuissance qui ont caractérisé le mouvement des Gilets Jaunes.

On veut un leader fort afin de vivre sous sa protection et à condition qu’il exprime lui-même notre volonté de rejeter les règles et la raison.

Nous pouvons bien, entre nous, en famille ou entre voisins, conserver ces règles.

A condition que socialement, nous puissions nous en remettre à ce leader qui ment, refuse le Réel, ment aux autres et à nous même, mais nous venge.


Cette réaction au malaise dans la civilisation ne résous rien, elle se ment à elle-même puisqu’elle s’en remet à une autre loi autrement plus coercitive, la loi du leader qui lui aussi voudrait s’affranchir de toutes les règles et en particulier des règles de la démocratie.


C’est un mouvement de fond pourtant, lié à l’élargissement de notre monde et à la virtualisation de nos échanges.

Déni du Réel, refus de la vérité, prééminence du fantasme, affranchissement des règles qui cimentent une société, rejet de l’autre trop lointain, trop abstrait, et acceptation d’un leader qui incarne cette révolte, envers et contre tout, malgré la maladie et la mort, oui ce malaise dans la décivilisation est destiné à perdurer.


25 octobre 2020

En échec

Nous sommes en échec. 

Dès le mois de juin la deuxième vague était à prévoir. Dès la fin du mois d’août on la voyait arriver. Et nous sommes en plein dedans. Au point que ce qui était impensable hier – un nouveau confinement – devient possible voire probable aujourd’hui.


L’échec est patent.

On peut faire l’hypothèse que le gouvernement a réellement voulu laisser les Français un peu tranquilles cet été. Communication molle, appel à la responsabilité plutôt qu’à la contrainte, choix d’un discours le moins anxiogène possible.

Obliger les Français à porter le masque, imposer des couvre-feux dès qu’il était évident que les regroupements étaient à risque, autant de mesures impossibles et écartées avec détermination.


On a compté sur une stratégie (tester-tracer-isoler) qui a été mise en échec par un manque d’anticipation sur les conséquences de la massification des tests.


Il ne faut plus jamais dire : « « restez vigilants ». Ça ne veut rien dire. Ça n’a rien voulu dire cet été. Ça n’a eu strictement aucun effet. Cette expression a été une calamité.

Il ne faut plus en appeler à la responsabilité individuelle ou collective. Ça n’a pas marché.

D’où les couvre-feux et demain le confinement de nouveau.

C’est vraiment un échec sauf à penser que ce confinement était prévu, anticipé. Ça s’appelle la stratégie du « stop and go ». On peut débattre de sa pertinence. Ça n’est pas celle qui est assumée aujourd’hui. 

Mais qu’est-ce qui est assumé réellement ? Pas grand-chose.

Tout sauf le confinement a dit le gouvernement pendant des semaines.

Le confinement on aura.

Ça c’est l’échec. C’est simple et sans appel.


A qui imputer cet échec ? A nous ? A eux ? Aux autres ?

La vague submerge l’Europe. Quelles que soient les stratégies. En Italie où ils n’ont cessé de mettre le masques cet été : seconde vague. En Allemagne, le grand modèle : couvre-feux et les confinements locaux ne sont pas loin. En Espagne, en Grande-Bretagne, en Suisse, en Belgique, aux Pays-bas…


C’est vrai, ça relativise l’échec. Quelles que soient les stratégies, les moyens, la structure du système de santé, il semble bien que tous en Europe et au-delà, nous soyons dans l’échec.


Oui il aurait fallu mettre des masques, ne pas sortir, ne pas se réunir, ouvrir les fenêtres.

On aurait retardé la vague. L’aurait-on évité ? 

On ne sait pas.


Qui aurait fait mieux en France ? Ne cherchez pas : personne.

La France aurait-elle pu faire mieux ? Peut-être, si on n’avait pas les râleurs, les chialeurs, les enfants gâtés, les politiciens calculateurs et les médecins narcissiques.

Mais ça n’est même pas sûr.


Nous aurions été peut-être plus efficaces si nous avions été plus unis, plus forts, plus endurants, plus durs à la douleur.

Mais ça n’est pas nous. Pas cette fois. Pas à l’heure des réseaux sociaux et d’une remise en cause de tous les savoirs.
Nous payons le rejet des élites. Nous voulons boire nos propres concoctions, elles sont aussi bonnes que les leurs. Et nous en crevons. Tant pis, c’est notre panache dirons les grands philosophes.


Nous voulons nos propres valeurs, elles sont aussi bonnes que les leurs, les amoureux de la République.

Nous ne voulons pas de leur école. Nous voulons qu'on nous enseigne nos propres fantasmes.


Le partage du savoir que favorise Internet a cet effet paradoxal de tuer le savoir.


On ne veut plus du savoir on veut du rêve. Et quand le Réel nous atteint, on ne le voit même plus.

Une « gripette ». « Les hôpitaux ne sont pas surchargés ». « La Chloroquine marche très bien, elle sauve des gens »…

On ne voit plus ce qui arrive. Nous sommes devenus aveugles.


Le réel revient parfois. Quand Chris Christie, homme politique américain et Républicain, soutien de Donald Trump, a eu le Covid et a passé une semaine en réanimation, il est revenu sur son « erreur » d’avoir cru que le masque était inutile. 

Les états américains à majorité républicaine aujourd’hui sont submergés par une troisième vague, plus durement que les autres états.

Le Réel vient rectifier les choses de temps en temps. 

Le Réel n’est pas républicain ni démocrate. Trump a eu le Covid mais s’en est très bien sorti.

Le Réel échappe juste à la logique de votre fantasme.


Nous sommes en échec sur l’épidémie car nous allons de nouveau être confinés (je le crains réellement même si j’espère que les mesures prises aujourd’hui vont produire leurs effets).


Nous sommes en échec dans notre lutte contre l’islamisme politique.  Nous n’avons pas voulu le voir monter, le voir exploiter les frustrations, instrumentaliser le sentiment de culpabilité d’une gauche qui accepte souvent le pire au nom du meilleur.

Nous n’avons pas su protéger les Musulmans des coups que leur porte l’islamisme.

C’est là aussi un échec. Ils le subissent autant que quiconque, ils en sont les victimes physiques comme tout le monde. 

Hurler à l’islamophobie quand on lutte contre l’islamisme politique c’est faire l’amalgame destructeur, mais peut-être calculé, entre Musulmans et islamistes. C’est participer au programme de fracturation de la société appliqué par les terroristes.

Par idéalisme, par générosité ou par romantisme, nous sommes capables de faire beaucoup de mal… Mais c'est souvent aussi par calcul cynique, par soif de pouvoir, par aveuglement idéologique. Les idiots utiles de l'islamisme se recrutent sous différents angles.


A chaque fois que nous n’aurons pas le courage d’affronter le réel parce que nous lui préférons le fantasme, il reviendra nous frapper au hasard, sans logique, sans justice, sans prévenir, à la sortie d’une école ou d’une fête de famille. Il reviendra nous mettre en échec quels que soient nos espoirs ou nos valeurs.