23 janvier 2017

Le PS était mort mais il ne le savait pas.


 En 2005 le referendum sur le Traité établissant une constitution pour l’Europe avait déchiré le parti socialiste.  La ligne officielle prônait le oui, certains dirigeants du parti s’en étaient désolidarisés à l’exemple de Laurent Fabius qui milita pour le non vainqueur.   A l’issue de cette campagne où les fractures du Parti Socialiste s’étaient étalées au grand jour, après cet acte incroyable de déloyauté où l’on vit un homme politique faire campagne contre son propre parti, on pouvait penser qu’une clarification allait avoir lieu. Le PS allait devoir choisir entre une ligne pragmatique et la ligne politicienne des idéologues. Cette clarification n’a jamais eu lieu. Et c’est tout le talent de François Hollande d’avoir su restaurer l’unité du Parti.
Ce fut tout son talent et son erreur historique.
Car cette unité retrouvée n’était qu’une unité de façade, une unité de bois, repoussant pour des lendemains de crise bien plus profonde cette refondation qui était nécessaire. Ce travail de compromis (un art qui se révèle aujourd’hui bien maléfique) a empêché le parti socialiste de penser sa place dans le nouveau monde. Et c’est le même François Hollande qui, une fois élu président, s’attacha à rouvrir cette plaie en faisant quoi ?  Simplement en prenant parti. En prenant parti contre un parti unifié autour de rien. Les frondeurs étaient toujours là et leur déloyauté n’a eu d’égale que celle de Laurent Fabius en 2005. Le PS n’a pas supporté que la ligne de Hollande et Valls gouverne la France. Le PS et après lui le pays entier paie aujourd’hui ce colmatage malheureux de 2005.

Le PS aurait probablement du à la suite de ce référendum meurtrier se scinder entre une ligne Valls (Macron) et une ligne Hamon (Melenchon). Cette division n’a pas eu lieu, n’a pas été pensée, n’a pas été possible, c’est pourquoi aujourd’hui elle devient un déchirement d’autant plus violent qu’il est tardif.
Il est à parier qu’après cette primaire  de la « Belle Alliance » (quelle ironie) où la ligne de gauche à l’ancienne triomphe car la ligne pragmatique n’a pas su s’imposer (mais comment s’imposer sans majorité ?), il est à parier que le Parti Socialiste va mourir. Et nous dirons « enfin !» car il est en fait mort en 2005, afin que se renouvelle une offre de gauche contemporaine.
La clarification est violente, brutale et cruelle. Le même homme est responsable de ce qu’elle n’a pas eu lieu quand il le fallait et de ce qu’elle s’impose dans la douleur aujourd’hui. Il n’empêche que cette clarification va se faire pour le bien de la gauche comme pour le bien de la politique en France.
Benoit Hamon va gagner la primaire, il sera le candidat socialiste à la présidentielle pour ne pas la gagner mais pour prendre le Parti Socialiste.
Ce qui laisse libre la voie à l’autre partie du PS pour accompagner Emmanuel Macron.
Ce dernier a eu raison de ne pas attendre une clarification qui ne pouvait avoir lieu. Quand on dénie la réalité, la réalité s’impose quand même sans aucune pitié.

02 décembre 2016

La curée

Depuis trente ans la gauche attend que la droite devienne libérale.
Après avoir abandonné le terrain de l’ordre moral, la droite restait attachée au modèle social français. La gauche qui, elle, avait renoncé à son algorithme marxiste, acceptait tant bien que mal l’économie de marché et ne savait donc plus comment se démarquer de cette droite qui empiétait sur ses terres.
La fracture sociale de Chirac avait poussé la gauche vers une sorte d’extrême donc Jean-Luc Mélenchon est le porte parole aujourd’hui. Impossible de se situer au centre gauche, là où la droite française prenait toute ses aises. 
Il faut se souvenir que la ligne libérale d’un Alain Madelin avait été écartée par Chirac en 1997 alors même que Lionel Jospin se frottait les mains devant ce qu’il appelait un « choix de civilisation ».
Le choix de civilisation n’a pas eu lieu, ni cette année là ni en 2007 quand Sarkozy renonça finalement à changer la société, de peur de renoncer aussi à ses électeurs.

La France n’est pas libérale. La droite le sait et ne gouverne jamais en ce sens au grand dam de la gauche qui ne sait plus comment être de gauche, obligée d’inventer des machins étranges comme les trente-cinq heures pour gagner un scrutin.
C’est pourquoi, en France, le libéralisme est une proposition révolutionnaire. C’est pourquoi aussi, dans ce désir général de tout changer parce que rien ne va, la proposition libérale se range parmi les offres attrayantes.
C’est pourquoi enfin cette proposition peut concurrencer l’autre proposition révolutionnaire, celle de l’extrême droite.
Tout cela dans un monde où l’offre de changement à gauche a marqué le pas. Les soubresauts impuissants de Syriza en Grèce ou de Podemos en Espagne le confirment.
C’est pourquoi aujourd’hui la gauche aurait enfin sa chance.
Et malheureusement pour elle il est trop tard.

Trop tard parce que la gauche a préféré taper sur celui qui voulait la réformer en même temps que réformer la France. Erreur fatale de Francois Hollande. Il a préféré gagner d'abord et réfléchir ensuite. Le contraire de françois Fillon. Il n'empêche ! Les Montebourg, les Hamon auraient pu accepter le coup de force et agréer au changement de positionnement proposé par Hollande avec Valls et Macron, ils auraient pu l’amplifier, le protéger, l’améliorer au lieu de le combattre et de s'opposer ainsi à la seule issue pour une gauche qui n'a jamais su se moderniser. 
Non le Parti socialiste a préféré tuer son président et se suicider avec lui. Dommage car aujourd'hui, face à Fillon, elle retrouverait enfin son espace. 
Dommage car elle est en lambeaux. 
Dommage car elle laisse la place à l'extrême droite. 

Il est logique que les deux offres qui seront probablement présentes au second tour de l’élection présidentielle soient les deux véritables offres de changement. Le changement pour un monde replié sur lui-même, sombre et régressif et le changement pour un monde inquiétant pour beaucoup, celui de la remise en cause du fameux modèle social français, ce modèle qui ne produit  plus aujourd’hui que du chômage, du déclassement, de l’angoisse.

Aujourd’hui, la révolution numérique, l’uberisation de l’économie, la globalisation, laissent des gens sur le carreau. Ça va trop vite, ça change trop vite. La technique et les sciences nous étourdissent. Il faut s’accrocher pour suivre et beaucoup ne suivent pas. Pas le temps, pas les moyens, pas l’énergie. Ceux-là en ont assez que le monde file sans eux. Ils veulent l’arrêter. Ils veulent qu’on s’arrête pour s’occuper d’eux, pour les rattraper. Alors ils refusent que ça file encore plus loin. Ils refusent l’Europe, ils refusent de changer de modèle social alors qu’ils souffrent de son obsolescence, ils veulent faire une pause, ils veulent revenir en arrière.
Ceux-là votent pour le Brexit, votent Trump, et vont voter Le Pen.
La gauche a failli. Elle n’a pas su se renouveler. Elle n’a pas su saisir l’occasion que lui offrait François Hollande. C’est aussi de sa faute à lui. Il n’a pas su faire. Trop tard, trop peu, trop mal. Et aujourd’hui nous allons devoir choisir entre le changement à la Fillon et le changement à la Le Pen. 
Je choisirai Fillon, sans hésiter. Mais pour notre malheur à tous, parce que nous sommes aveuglés par l’idéologie, parce que nous ne sommes pas assez pragmatiques, parce que nous avons oublié les périodes les plus sombres de notre histoire, parce que nous ne savons plus comment penser, parce que nous avons peur et que nous croyons encore au père Noel, nous aurons Le Pen.
Et ça sera la curée.



04 mai 2016

LBDL S2 Livraison-évaluation

Hier j'ai visionné et validé les derniers VFX de l'épisode 10. L'épisode devrait être livré ce soir au diffuseur. Ça devient chaud. Les 10 épisodes doivent être disponibles en téléchargement je crois dès le lundi 9 mai. Soit dans moins d'une semaine. Pas de panique, l'année dernière c'était comme ça aussi.
Donc lundi ça sort. Les deux premiers épisodes sont diffusés sur la chaîne et les dix épisodes disponibles en téléchargement.
La presse commence à sortir. Elle est bonne.

Nous planchons sur les épisodes de 5 à 8 de la saison 3. Nous fonctionnons par ligne narrative. Il y a plusieurs lignes. Certaines concernent des personnages, certaines concernent un thème. Je n'en dirai pas plus pour ne rien spoiler de la saison 2 qui va sortir.

Quelle est la différence avec le cinéma ? Il n'y a pas cette angoisse lamentable liée à la "séance de 14h". La séance de 14h où le nombre de spectateur donne par extrapolation quasi certaine le nombre final. Vous faites 2500 vous savez que vous irez au million ou au-delà.
Vous faites 300 et vous êtes mort.
En une séance tout se joue. Bon film ou mauvais film, c'est joué comme ça.
Et on en oublie la question principale (et abyssale) : Ce que j'ai fait, est-ce c'est bien?
Est-ce que c'est bien ? Les chiffres sont là pour écraser masquer, supprimer cette question bien plus angoissante que celle de savoir si "ça marche".
Est-ce que c'est bien ? C'est la question qui vous concerne, celle qui vous plonge dans l'abîme. La seule qui vous intéresse au bout du compte et la seule à laquelle vous n'aurez pas de réponse.
Les chiffres, eux, ils parlent au moins. Ils ne disent rien mais ils parlent.

Les chiffres...
Les gens s'intéressent beaucoup plus aux chiffres qu'avant. Des gens qui ne sont pas du tout dans le cinéma me demandent souvent si "ça marche".
C'est une question que je me posais pas du tout quand j'étais plus jeune, quand j'étais étudiant à la l'IDHEC.
Il y a avait les films commerciaux (parmi lesquels on rangeait "Le Parrain ou "Voyage au bout de l'enfer") qui pouvaient être néanmoins des chef-d'œuvre et les films disons d'art et d'essai. Je ne dis pas film d'auteur car évidemment Cimino était un auteur.
Les films commerciaux marchaient ou pas on s'en foutait. Ça n'était pas une question pertinente.
Maintenant c'est devenu important pour tout le monde (alors qu'en réalité tout le monde s'en fout).

Nous somme à l'ère de l'évaluation.
Je suis toujours sidéré de voir les petits slogans du genre "le meilleur film de l'année" ou "le meilleur film de machin depuis 10 ans".
Ça devient même complètement absurde maintenant. On se retrouve à lire : "le meilleur film français de cette fin d'année"...
Ou "la meilleur comédie française de la semaine" (quand il n'y en a qu'une)
La critique s'inspire maintenant du commentaire sportif. C'est la compétition permanente.

Comble de la compulsion à l'évaluation. On ne critique pas un film on l'évalue. D'où cette hémorragie pitoyable de petites étoiles pour noter les films dans les blogs, les articles des critiques en herbe ou non. Chacun y va de sa note. Comme si le fantasme de tous ces gens qui se précipitent pour écrire sur les films ou les séries étaient celui de l'instituteur. "Celui-là je l'ai sacqué, je lui ai mis 1/5, et là je mets 4 étoiles !"

Epoque de l'évaluation... Liée à l'époque de l'algorithme. De l'encartage. Il faut pouvoir trier, sérier, organiser. Si on ne peut pas en faire l'algorithme on ne peut pas le ranger, le chercher, le retrouver selon des critères. Alors on tagge les articles, on note les films.
C'est du Facebook. Une personne doit bien se résumer à son profil : Ce qu'il aime, ce qu'il n'aime pas, ses amis, ses relations, ses itinéraires, ses recherches, ses clics. On encarte ça, on le rentre dans l'algorithme, on l'ordonne et du coup c'est transmissible, vendable, ça a un prix. C'est même évaluable.

Nos critiques ne savent pas à quoi ils participent quand ils notent un film. Il n'en veulent rien savoir. Ils participent de l'époque de l'évaluation. Donc celle de l'ordre, du rangement et de la vente. Tout est en ordre, tout est vendable.

Première action éthique : ne pas noter. Ne pas évaluer. C'est un geste de résistance. Revenir au sens. Au sens non évaluable, juste analysable. C'est plus compliqué, c'est plus lent, et c'est surement inutile.
Et c'est ça qui est sain.

Bref...
Je m'égare j'imagine. Bientôt la livraison, donc bientôt la plongée dans le monde de l'évaluation.
Je vais compter les petites étoiles...
Mais je ne saurai pas (avant longtemps) si c'est bien.

22 avril 2016

LBDL S2 Touche finale

Aujourd'hui je pars à la Cité du Cinéma relire le mixage de l'épisode 10. Je ferai certainement quelques remarques, demanderai quelques retouches. En général je n'ai pas à les vérifier mais il arrive que je doive revenir quelques heures après afin de valider certains changements quand mes demandes sont un peu trop subtiles.
Je resterai donc toute la journée à la Cité afin de finaliser l'épisode 10.
Il faudra ensuite vérifier les sous-titres. Ça se fait en général quelques jours après le mixage. Il y a toujours des modifications à apporter. Le format des sous-titres demande des arbitrages entre la longueur du texte et le sens de la traduction. Ces arbitrages, c'est moi qui dois les faire (en tant qu'auteur, les autres auteurs pourraient également le faire).
Il faudra valider aussi les derniers VFX (trucages numériques) qui sont importants dans le dernier épisode. Nous travaillons dessus depuis déjà un certain nombre de semaines. On attend les dernières livraisons.
Ensuite... eh bien ça sera presque fini. Il faudra vérifier le PAD (Prêt à diffuser) et vérifier s'il n'y a pas encore quelques erreurs (étalonnage, mixage, sous-titre)
Enfin, on livrera les derniers épisodes.
Diffusion le 9 mai 2016. Les dix épisodes seront disponibles en téléchargement le même jour.

Aujourd'hui, à la Cité, nous nous réunissons également  dans la "writer's room" pour une séance de brainstorming sur l'épisode 5 de la saison 3.
Nous avons en effet livré hier la V1 de l'épisode 4.
Nous attendons les remarques du diffuseur sur les quatre premiers épisodes. Nous savons que les deux premiers ont été très appréciés mais il arrive qu'à la lumière des suivants certains choix peuvent être remis en cause, certains choix faits dans les premiers épisodes.
La validation des quatre premiers épisodes est donc essentielle pour avoir une idée du travail et du planning à venir.
Nous faisons évidemment,  comme d'habitude, le pari que tout ira bien et donc nous avançons déjà sur l'épisode 5. C'est une condition indispensable pour livrer à temps et ne pas handicaper la préparation.
En effet, déjà, une équipe dépouille les scripts, esquisse le plan de travail de tournage en fonction de décors et de leur récurrence, le casting va commencer également dès la semaine prochaine. Il y a déjà de nouveaux personnages à trouver.
Travail sur l'épisode 5 donc. Pendant 15 jours.
Ensuite nous donnerons cet épisode à un scénariste Sénior qui aura quatre semaines pour l'écrire.
Pendant ce temps, nous travaillerons sur la structure de l'épisode 6.

L'aventure continue...

16 avril 2016

Hollande, hélas.

Hollande

Voilà. Je n'ai jamais vu un président aussi vilipendé. Aussi décrié. Les gens ne veulent plus de lui. Un sondage dit qu'il ne passera pas le premier tour et que si jamais il le passe il est battu par Marine le Pen. On dit donc de lui qu'il serait le seul candidat à faire élire le front national. 
Ça s'appelle l'opprobre. 
C'est terrible. 
Je me demande quelles sont les idées qui lui viennent. 
Il n'a pas fini son travail c'est vrai. Et il peut faire des choses bien d'ici la fin de son quinquennat. Mais c'est trop tard pour rattraper la situation. Il est trop angoissant. Il nous angoisse. Quoiqu'il fasse. Il est aussi angoissant d'être si rejeté. 

Quelle sont ses erreurs ?
Difficile à dire. Car il a été élu sur un malentendu. Pour faire simple il est de centre gauche et il a été élu par la gauche qui ne voulait pas l'entendre et à qui il a dû le taire. 
Sans ce malentendu il n'aurait pas été élu. Et Sarkozy aurait gagné. 
Les déçus du hollandisme sont soit des benêts soit des hypocrites. Ils le savaient très bien. Ils ne voulaient pas de Sarkozy. Alors ils n'ont pas voulu savoir que Hollande n'était pas si à gauche que ça. 
Pas de cette gauche obsolète. 
La gauche française aujourd'hui à été en fait au pouvoir pendant trente ans. 
Car la droite française n'a jamais vraiment appliqué une politique de droite. Elle a plutôt fait gauche, défense des acquis sociaux, jamais osé le libéralisme. 
La gauche a créé plus de trois millions de chômeurs. Et c'est cette gauche qui a élu Hollande qui lui ne voulait pas d'elle. 
Malentendu qui l'a fait gagner. 
Et qui l'a empêché de gouverner. 
Pas de majorité. Jamais pour ses réformes sociales libérales. 
Les frondeurs, les syndicats, les manifestants. 
Il n'a rien pu faire de ce qu'il croyait. Il voulait être soutenu par la gauche. Elle se refusait à lui. 
Au début il lui a donné des gages. 
Des impôts. 
Un fiasco. 
Il est redevenu lui-même a mi-parcours. Trop tard. La gauche ne voulait pas de lui. Et Montebourg et Filipetti et Hamon. 

Son erreur n'est pas son mensonge de campagne. Sans ce mensonge Il perdait. 
Son erreur est d'avoir eu peur de son ombre. 
De n'avoir pas su aller jusqu'au bout de la politique à laquelle il croyait. 
Il ne l'a faite qu'a moitié voire au quart. C'est à dire pas du tout. 
Donc il n'a rien fait. 
Il a su conquérir le pouvoir. 
Il n'a pas su qu'en faire. 

Pourquoi reviendrait il ? Pourquoi se représenterait il ?
Pour faire quoi ?
Il ne peut avoir aucune réponse. 

L'élection va se jouer à la primaire à droite. 
Le Pen sera au second tour. Celui qui sera en face d'elle sera président (sauf Hollande apparement )
Le second du premier tour est donc le prochain président. 

Si Sarkozy gagne la primaire de la droite la gauche a une chance d'être au second tour. Même Aubry même Valls même Macron. Ils le savent. Ils vont se déchirer. Tout le monde aura sa chance de passer devant Sarkozy au premier tour. 
Si Sarkozy ne gagne pas la primaire de droite  la gauche n'a plus aucune chance. Seul Sarkozy peut être assez rejetté pour être troisième au premier tour. 
Tous les autres passeront second derrière le Pen 
Tous les autres seront élus président. 

Mais Hollande ne peut pas jouer cette partie. 
C'est malheureux. J'étais d'accord avec lui. Je savais ce qu'il voulait faire. 
Mais il ne l'a pas fait. Il savait qu'il ne pouvait pas le faire. Pas de majorité pour ça. Parce qu'il l'avait bernée, sa majorité. Et qu'il ne pouvait pas la convaincre une fois en place. 
 Hollande a été victime de la gauche française. Il a dû lui mentir pour la faire gagner. Il n'a pas voulu la bousculer. Il n'a pas voulu lui obéir. Il a échoué. Il mérite son sort. 

Votez à la primaire à droite. C'est là que ça va se jouer. 
  

12 avril 2016

LBDL S3 (1)

Aujourd'hui je me rends chez le compositeur. Nous finalisons le mixage des musiques de l'épisode 10.
Les morceaux ont été montés déjà mais nous avons envoyé les notes, remarques et demandes de modification pour ce mixage.
Nous allons écouter chaque morceau en visionnant le film. Nous allons apporter les derniers ajustements. En général ça dire deux heures. Notre process de travail est rodé.
J'aimerais mettre la nouvelle chanson sur le générique de fin de l'épisode 10. On l'entend pour la première fois sur l'épisode 9. Ça sera comme un passage de relais à la prochaine saison.
Ensuite nous parlerons probablement de l'album. Et nous écouterons peut-être justement la version entière de la chanson (qui ne fait qu'une minute malheureusement sur le générique de fin).

Ensuite, réunion d'écriture à la Cité pour l'épisode 3 de la saison 3. Nous sommes proches de la fin mais il reste une couille sur une des lignes narratives. Il y a une articulation qui fonctionne mal. Deux idées qui se télescopent et se parasitent. Il faudrait en abandonner une, ce qui va être compliqué. Il faut donc réfléchir à les agencer autrement et à en changer éventuellement une d'épisode.
Nous aurions du livrer déjà la semaine dernière voire il y a quinze jours.

J'étais épuisé le week-end dernier. Maintenant ça va mieux.

Dans l'après-midi, réunion de production puis écoute du montage son de l'épisode 9 (le mixage commence demain donc pas de temps à perdre). Il est possible que je zappe cette étape d'ailleurs, le montage son, ça roule plutôt.

J'aimerais bien échapper à l'intrigue. Trop d'intrigues. Les gens aiment les intrigues. Moi j'aime ce qu'il y a à côté. Les Soprano : pas d'intrigue. The wire : l'intrigue était secondaire, importante mais secondaire. Mad Men : pas d'intrigue.
Bref... il faut que je parvienne à ne pas perdre la série dans l'intrigue. Il faut des personnages, des scènes, des situations. Mais on n'est pas dans la mécanique.
Je ne m'y retrouve pas. Il faut que je redresse la barre. Nous partons dans trop intrigues sur la saison 3. Trop serré. Il faut qu'on desserre.

26 mars 2016

Journal de la guerre ( ?) - 1



26 mars 2016, quatre jour après les attentats de Bruxelles

Je ne sais pas si nous sommes en guerre.
On a l‘air d’y être. On se fait bombarder. Les bombes ne tombent pas du ciel. Elles sont trainées sur des charriots dans un aéroport, portées par kamikaze dans les rues.
On se fait tirer dessus à la terrasse des cafés et des cinémas.
Donc nous sommes en guerre. L’ennemi a un nom : Etat Islamique.
Ils veulent un Etat sunnite, là-bas, entre Syrie et Irak.
Bachar El-Assad s’est servi d’eux pour discréditer la rébellion.
Il a réussi.
Vous avec un ennemi qui risque de vous terrasser ? Faites-en un terroriste et tout le monde vous soutiendra.
Israël a joué ce jeu là.
Contre l’intifada il allait perdre.
Personne ne vous soutient quand vous tirez sur des jeunes qui vous jettent des pierres.
Mais ça n’a pas suffit à Arafat. Ça n’a pas suffit au Hamas.
Ils sont passés au terrorisme.
Et Israël a gagné.
Contre une révolte de jeunes à coups de pierre, vous perdez. Tout le monde sera contre vous.
Contre le terrorisme, vous gagnez, tout le monde vous soutiendra.
Transformez donc le jeune en terroriste.

Donc Etat Islamique, une armée de brigands. Comme les nazis.
Ils sont racistes, ils sont génocidaires.
C’est pourquoi on leur a refusé leur Etat.
C’est pourquoi ils nous font maintenant la guerre.

Comment gagner cette guerre ?
En leur faisant la guerre là-bas.
Mais personne ne veut la faire.
Ils servent Bachar, ils servent les Kurdes, ils servent la Turquie, ils servent les Russes, ils servent les Iraniens, ils servent les Saoudiens.
Ils ne gagneront jamais. Mais ils ne perdront jamais si on continue à se servir d’eux.
Ils ne servent pas les Américains, mais ceux-là ont déjà donné en Afghanistan et en Irak. Ils savent qu’on ne fait pas la guerre quand on ne sait quoi faire de la paix.
Les Français, pareil, avec la Libye. Ils ont déjà donné.

On pourrait les écraser. Mais personne ne veut le faire.
Alors le terrorisme.
Alors des terroristes, enrôlés dans une secte nihiliste.
Des voyous qui sortent de prison. Ceux-là, ils auront servi toutes les dictatures, tous les totalitarismes.

La Belgique va avoir du mal à nous convaincre qu’elle n’a pas merdé.
Un aéroport où l’on peut trainer des bombes sur des charriots à roulette, un terroriste qu’on a sous la main et qu’on interroge à peine, des voyous qu’on relâche et qui reviennent en djihadistes malgré les avertissements de la Turquie.
Est-ce que ce sont des mensonges ? De la fausse information ? On verra bien.
Ce qui est sûr : la Belgique a été considérée comme une bonne base de départ par ces terroristes.
On verra pourquoi.

Alors maintenant le même discours : ça n’a rien à voir avec l’Islam.
Donc l’Etat Islamique, ça n’a rien à voir avec l’Islam ?
Ça me rappelle qu’on disait que le régime communiste en URSS n’avait rien à voir avec Lénine, ou avec Marx. C’était le marxisme perverti.
Peut-on le dire encore aujourd’hui ?
Etat Islamique a à voir avec l’Islam. Comme l’inquisition a à voir avec le christianisme.
Désolé les gars.

Ça n’a rien à voir avec les musulmans. Bien sûr.
Le grand problème : depuis 1979, l’islam est devenu politique. La religion s’est accoquinée avec le pouvoir. C’est devenu l’islamisme.
Depuis ce temps là, le communisme a trouvé son relais.

En 1989 sortait mon film « un monde sans pitié ». Je décrivais une jeunesse héritière de la fin des utopies.
C’est fini.
Ça n’est plus la fin des utopies.
Quand on veut les réaliser, on construit l’enfer.
L’Etat islamique veut réaliser son utopie.
Nous on ne veut pas parce qu’on sait que c’est l’enfer.

Alors on reçoit des bombes.