11 mars 2026

Journal du désastre 9

 

Journal du désastre 9

La démocratisation massive de la parole publique via les réseaux sociaux modifie notre rapport à la vérité.

Tout ce qui est dit aujourd’hui, que cela provienne de simples anonymes ou de personnages officiels, n’a strictement plus aucune valeur.

Ce sont des narratifs, c’est-à-dire des fictions.

Plus aucun énoncé ne peut être porteur de vérité.

Seuls les actes comptent-ils ?

Encore faut-il avoir accès à leur manifestation.

Vus à travers les écran, et donc médiatisés par des metteurs en scène privés ou publics, ces actes – que l’on voudrait voir pour les croire – ne sont en fait que des illusions.

Du moins sans le recoupement de la raison et de la recherche.

Voir aujourd’hui n’est plus source de vérité non plus. Nous revenons à l’âge d’avant les images, celui où la vérité passait uniquement par la parole rationnelle. (et donc après la mort de Dieu)

Nous vivons donc dans un monde d’illusions où tout ce qui est proféré et montré est de l'ordre de la légende.

Car ce qui est montré doit être expliqué ou interprété et c’est là qu’intervient une nouvelle fois le récit.

Nos émotions sont donc manipulées à partir de connaissances biaisées.

Tout n’est plus que mascarade.

Sauf si nous travaillons – je dis bien travaillons – à analyser rationnellement les différentes manifestations des actes.

Ils nous mentent tous oui car ils se mentent à eux-mêmes.

Ce constat n’est pas populiste car même et surtout les populistes mènent ce jeu étourdissants.

Notre salut passera entre autre par leur éradication. Ça ne suffira pas car nous sommes déjà profondément aliénés à ce nouveau monde.

Nous sommes entrés dans un monde sans vérité où même le réel, quand il nous saute à la gueule, se présente sous un masque.

Quand vous prenez un missile, vous ne pouvez pas savoir d’où il vient et qui l’a tiré en écoutant les divers protagonistes ou même en regardant les images truquées. Vous ne pouvez pas savoir pourquoi vous le prenez sur la gueule.

Seul votre corps sait la vérité de ce qui lui arrive.

Nous avons voulu ce monde. Nous n’y tiendrons pas longtemps.